Archives de l’auteur : Comics Batman

Justice League vs. Godzilla vs. Kong

Tout est dans le titre ! Découverte d’une bande dessinée qui assume totalement son côté blockbuster et fun !

[Résumé de l’éditeur]
L’univers DC est sur le point d’être bouleversé lorsque la Légion Fatale * ouvre un portail vers une autre dimension, libérant les monstres les plus féroces du multivers. Godzilla, le roi des monstres, a émergé des profondeurs de Metropolis, interrompant la demande de mariage de Superman à Lois Lane. King Kong affronte, quant à lui, les plus grands héros du monde sur son territoire, Skull Island. La Ligue de Justice pourra-t-elle renvoyer ces créatures dans leur propre dimension avant qu’il ne soit trop tard ?

* (nommée par erreur du Destin sur le site de l’éditeur)

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Des rencontres improbables entre les héros de DC Comics et d’autres créatures iconiques, il y en a eu plusieurs (Aliens et Predator par exemple, on en reparlera), l’an dernier il y avait même eu une version jurassique de la Justice League (le bien nommé mais très moyen Jurassic League). Cette fois, c’est à la fois Godzilla mais aussi les monstres de cet univers partagé que vont affronter les justiciers, sans oublier le singe géant Kong ! À l’image des films de la franchise (voir affiches plus bas), on retrouve un côté complètement blockbuster assumé, sans prétention et avec un bon gros « plaisir coupable » !

Il faut dire que le récit ne nous propose pas qu’un seul antagoniste, il y a la Légion Fatale tout d’abord, emmenée par Lex Luthor et Black Manta en particulier, à l’origine indirecte de la venue des créatures géantes (la faute revient à… Toyman). Un autre groupuscule bien connu des fans de DC (et de Batman) va aussi s’emparer d’un élément en particulier pour une lutte finale explosive. Au-delà de ces vagues d’ennemis, on prend plaisir à suivre les différentes troupes à Gotham City, Central City et d’autres lieux habituels des super-héros pour combattre ces créatures dantesques. Mention spéciale à l’Atlantide et à la collaboration intensive de la Bat-Famille à Gotham !

Si le scénario de Brian Buccellato (Injustice – Année trois à cinq) n’est pas très fin, il se démarque quand il laisse Green Arrow et Supergirl explorer Skull Island et découvrir un potentiel allié de taille ! Mais qui dit singe géant, dit aussi… Gorilla Grodd, forcément. Les Titans et le Green Lantern Corps ne seront pas de trop pour venir en aide à la Justice League, plutôt dépassée par les évènements, d’autant que Superman est rapidement dans un sale état. Ne gâchons pas le plaisir de la découverte du reste. Les sept épisodes se lisent admirablement bien, c’est rythmé, dynamique, sans temps, bien équilibré sur ses presque 210 pages – sauf dans sa conclusion (celle-ci est ultra abrupte, une rapidité d’exécution qui dénoté avec le reste, comme s’il manquait quelques planches ou un huitième épisode, bizarre…).

Néanmoins, le fameux « divertissement » est là (surtout si, évidemment, vous êtes fan de Godzilla et Kong). Certaines planches sont impressionnantes (dont la toute dernière de cette critique, ne descendez pas jusqu’au bout pour ne pas gâcher l’éventuelle surprise – il y a un texte avant au cas où). Christian Duce (habitué à de courts segments à droite à gauche sur plusieurs titres Batman) œuvre sur la majorité du titre, parfois aidé par Tom Derenick (Justice League Rebirth…) – mis en couleur par Luis Guerrero. Les artistes arrivent parfaitement à montrer le gigantisme de la chose, la hauteur de simples humains et le charisme des monstres autant que leurs héros.

Qui aurait cru voir cela un jour ?! Clairement, l’idée d’un long-métrage surréaliste entre ces deux univers serait un régal même si ça n’arrivera jamais. On pourrait presque manger du pop corn en lisant ce comic… et d’une certaine façon, on ne demandait pas plus que ça, c’est suffisamment original et sympathique pour passer un bon moment et de loin une des lectures DC récentes les plus chouettes de ces derniers mois (ce qui en dit long sur la qualité des autres !). En somme, vous savez à peu près ce qu’il vous attend en lisant ce genre de choses et… c’est à peu près ce que ça donnera.

À noter un texte de Jérôme Wicky en fin d’ouvrage qui revient sur les autres affrontements entre les super-héros de DC et Kaijû de la pop culture avec différentes couvertures illustratives. On est plus dubitatif sur sa traduction d’un grognement de Lex Luthor en celui de Prunelle de Gaston Lagaffe

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 19 août 2024.
Contient : Justice League vs. Godzilla vs. Kong #1-7
Nombre de pages : 240

Scénario : Brian Buccellato
Dessin & encrage : Christian Duce (chapitres 1-7), Tom Derenick (chapitres 4-7)
Couleur : Luis Guerrero
Illustration des couvertures : Drew Johnson & Romulo Fajardo Jr.

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Makma (Gaël Legeard)

Acheter sur amazon.frJustice League vs. Godzilla vs. Kong (25 €)







Attention, l’image ci-dessous dévoile un des derniers combats de l’histoire.

Joker – L’Homme qui cessa de rire

On avait quitté le Joker il y a pile deux ans, à la fin du troisième et dernier tome de Joker Infinite (réédité pour l’occasion en une seule intégrale le 19 août 2024). Il est de retour dans L’homme qui cessa de rire, en vente depuis le 30 août 2024, suite qui peut se lire comme un récit complet. Long, inégal, parfois surprenant et appréciable, parfois décevant et pénible, découverte et critique d’un titre à la couverture séduisante (mais éloignée du contenu graphique et scénaristique).

[Résumé de l’éditeur]
Quand le chat n’est pas là, les souris dansent… L’absence du Joker à Gotham a laissé le terrain libre à ses plus fidèles rivaux, qui n’ont pas tardé à se partager le pouvoir sur les bas-fonds de la ville. Double-face, le Pingouin, le Sphinx ou encore Black Mask, aucun n’était préparé au retour du Prince Clown du Crime, et encore moins à sa vendetta. S’il ne peut pas reprendre Gotham, il prendra le contrôle des États-Unis !

[Contextualisation et introduction par Jérôme Wicky (traducteur habituel chez Urban mais qui n’a pas travaillé sur ce titre)]
Attention aux révélations des différents titres de l’ère Infinite ! Néanmoins ce texte revient très justement sur ce qu’il faut se remémorer.

Joker : l’éternel retour
Cet album nous présente le retour du Joker à Gotham, son territoire de prédilection. Mais où était-il passé depuis quelque temps ? Voici quelques clés pour s’y retrouver.

Commençons par BATMAN – JOKER WAR (collection DC Rebirth), série de trois albums [1] relatant le dernier grand coup du Clown Prince du Crime. Longtemps, le Joker a connu l’identité secrète de Batman, mais il préférait feindre l’ignorance pour obéir à sa propre fantaisie. Lorsque l’identité de Superman est révélée publiquement, le tueur livide change de paradigme et met à exécution un plan machiavélique pour s’emparer de la fortune de Bruce Wayne, alter ego de son meilleur ennemi. Le Joker peut ainsi armer et financer ses fans, de plus en plus nombreux. Ils se surnomment « les Clowns » et plongent Gotham dans une guerre civile. La saga s’achève par une confrontation entre le Joker et son ancienne amante et alliée, Harley Quinn, passée depuis du côté des anges. Harley lui tire une balle dans l’œil, mais le Joker survit et parvient à s’échapper.

[1] Voir les critiques sur ce site. L’on apprécie les deux premiers opus (tome 1 et tome 2 donc – ils n’ont pas de titres précis) et nettement moins le dernier (tome 3).

L’ombre du Joker plane sur BATMAN INFINITE (4 tomes, collection DC Infinite) [2], mais il n’y apparaît pas vraiment. On lui fait porter le chapeau d’un nouveau crime abominable, surnommé le « Jour An » par la presse: 500 pensionnaires de l’Institut Arkham pour malades mentaux (que le Joker a longtemps fréquenté) sont gazés par la fameuse toxine du Joker. Parmi les victimes figurent le célèbre colosse de Santa Prisca, Bane et Bily Sampson, membre d’une famille de richissimes cannibales texans, rejeton impie de Dallas et de Massacre à la Tronçonneuse.

[2] Là aussi, voir les critiques sur le site de cette série inégale. Les trois premiers volets se suivent (Lâches par essence, État de terreur (1ère partie), État de terreur (2ème partie), le quatrième est presque complètement indépendant (Abyss).

Le « Jour A» est la goutte d’eau qui incite l’opinion publique et les autorités, déjà éprouvées par la « guerre du Joker », à opter pour une politique sécuritaire s’opposant aux super-héros. Cette politique sera mise en œuvre par l’industriel Simon Saint, avec l’assentiment du maire Nakano, via son projet « Magistrat », et la création de cyborgs Peacekeepers voués à remplacer et à traquer la Bat-famille. Il sera plus tard révélé que Saint était associé à l’Épouvantail, ennemi de Batman passionné par l’étude de la peur. Le Chevalier Noir et ses amis triompheront de ces embûches et la situation reviendra à la normale. Pour autant, le Joker continue de manquer à l’appel.

On découvrira le fin mot de l’histoire dans JOKER INFINITE  (3 tomes, collection DC Infinite) [3]. Le Joker, qui porte désormais un œil de verre rouge suite à la blessure par arme à feu infligée par Harley, se cache au Bélize, dans une maison luxueuse fournie par « Le Réseau », société secrète offrant de tels services aux grands criminels. En guise de représailles au « Jour A », qu’il est censé avoir initié, sa planque est prise d’assaut par plusieurs ennemis : la famille Sampson, dont le patriarche veut le dévorer ; Vengeance, un clone féminin de Bane créé par le Réseau à la demande du gouvernement de Santa Prisca ; et enfin l’ex-commissaire Gordon, commandité par Cressida, fille d’un ancien membre de la Cour des Hiboux tombé en disgrâce. Ainsi débute une traque qui mènera Gordon aux trousses du Joker, de Majorque au Texas, en passant par Paris.

[3] Une fois de plus, les critiques sont disponibles pour les trois opus : La chasse au clown, Le faiseur de monstres et Du clown au menu. Comme dit en haut de cette page et curieusement omis dans ce texte de la part de l’éditeur, ces trois volumes ont été réédités en une seule intégrale (couverture à gauche – disponible pour 40 €) sortie une semaine avant Joker – L’homme qui cessa de rire. De quoi être ambigu sur le sujet et écouler les derniers stocks des tomes simples ? Bizarre… Quoiqu’il en soit, cette traque du Joker est globalement conseillée, surtout ses débuts et certains points de sa dernière ligne droite et malgré un ensemble qualitatif et graphique parfois hétérogène.

On découvre alors que Bane a feint sa propre mort et que, dans l’ombre, il a tiré les ficelles afin de provoquer le « Jour A » et faire accuser le Joker. Cressida, dont il a fait son bras droit, souhaitait également exposer au grand jour les exactions de la Cour des Hiboux et du Réseau pour venger son père et les mettre hors d’état de nuire. Elle sera finalement exécutée par le Joker, mais Gordon jurera de poursuivre son œuvre avec l’aide de son vieil ami, Harvey Bullock.

Depuis, on a revu le Joker dans l’actuelle série Batman écrite par Chip ZDARSKY, BATMAN DARK CITY. Les événements du présent album se déroulent parallèlement au tome 3 de cette série [4], dans lequel Batman se retourne contre sa Bat-famille, infligeant notamment à Jason Todd un traitement débilitant en le soumettant à une peur intense à chaque pic d’adrénaline.

L’un des thèmes récurrents de BATMAN DARK CITY est le dédoublement de Batman… et celui du Joker, qui y apparaît sous diverses formes, multipliant les personnalités. JOKER – L’HOMME QUI A CESSÉ DE RIRE s’inscrit dans la même thématique, comme vous le constaterez dès la fin du premier chapitre. Deux Jokers pour le prix d’un ? Attention, il y a de quoi s’y perdre !

[4] Pas besoin de renvoyer vers toutes les critiques de Dark City et cette mention au troisième tome ne sert qu’à justifier une seule planche en fin d’ouvrage de L’homme qui a cessé de rire (à propos de Red Hood) et, éventuellement et indirectement pourquoi Batman est peu présent.

[Début de l’histoire]
Le Joker
est de retour à Gotham, face aux bandes de Double-Face, du Sphinx et de Black Mask. Il préfère ne pas les affronter mais tue quelques prisonniers dont un homme sous une cagoule.

Cet homme survit pourtant et s’avère être le parfait sosie du Joker ! À moins qu’il s’agisse de l’originel ? Qui est ce double ?

L’autre Clown Prince du Crime décide de s’attaquer à… Lost Angeles. Tandis que le « second » Joker tâche de redevenir le pire criminel dans Gotham.

Pour Red Hood, l’occasion est trop belle pour enfin se venger de son ennemi juré !

[Critique]
Que c’est long ! Douze interminables chapitres (et leurs back-ups), sans compter les deux épisodes de Knight Terrors à la fin du livre de presque 500 pages ! Est-ce que The Man Who Stopped Laughing (son titre VO) méritait autant de pages ? Certainement pas. Le récit écrit par Matthew Rosenberg (qui a signé quelques parties de Batman Detective Infinite et Joker Infinite, justement) se perd souvent dans des morceaux narratifs guère passionnants et parfois confus (on s’y perd – volontairement a priori – entre les deux Joker, pas forcément déplaisant mais un peu pénible sur la longueur) et est trop bavard, verbeux. Il accole (surtout dans sa première moitié) des bulles de pensées narratives en complément de séquences où l’on lit des dialogues. On se surprend à feuilleter les pages et lire d’abord l’un des textes puis le suivant, preuve qu’il y a un manque de fluidité et d’intelligibilité dans ce procédé faussement complexe et, in fine, un peu inutile…

Néanmoins, il y a de bonnes choses dans ce Joker – L’homme qui cessa de rire. Tout d’abord on retrouve le célèbre némesis de Batman complètement imprévisible et violent ! Car si le Joker est un « méchant » d’anthologie, ce qui le démarque dans bien des cas et sa cruauté et son côté inattendu. Il veut tuer un homme de main sur un coup de tête ? Un civil ? Un simple passant ? Un journaliste ? Allez c’est parti ! C’est fortement appréciable de revoir cette figure du Mal renouer avec cette véritable folie. Et, comme dit plus haut, vu qu’il y a deux Jokers on en a carrément deux fois plus ainsi !

En outre, le parcours croisé des deux Jokers (jusqu’à leur confrontation et l’explication finale) est plutôt haletant même s’il aurait pu être raccourci. L’un virevolte avec des personnages de seconde zone, l’autre s’allie avec Solomon Grundy et se tape avec Killer Croc. N’en dévoilons pas trop mais partez du principe que les figures emblématiques habituelles de la mythologie du Chevalier Noir, fièrement mises en avant dans le résumé de quatrième de couverture, n’apparaissent pas (à l’exception des trois nommés dans le début de l’histoire et de façon très éphémère). Il en est de même pour Batman, totalement absent de l’aventure. Seul Red Hood occupe une place de choix et, à ce sujet, ses fans devraient y trouver leur compte, tant la quête de vengeance de Jason Todd se poursuit encore de façon plus intense ici.

Malgré tout, Joker – L’homme qui cessa de rire déçoit dans sa conclusion sur « l’identité » du second Joker : une énième idée bordélique et improbable qui aura – peut-être – des répercussions dans la sacro-sainte continuité. Au moins il y a une explication, on craignait qu’il n’y ait rien du tout après tout ce temps passé à lire les déboires respectifs des Jokers et après un contenu fortement inégal. La faute aussi à un rythme de lecture complètement cassé par des back-ups inutiles. Chacun d’entre eux se déroule après un épisode et propose une petite histoire sur le Joker avec deux de ses hommes de main – qui meurent presque systématiquement. L’on y suit un Joker amoureux (de différentes femmes héroïnes !) ou partiellement démuni. C’est amusant au début, une fois, deux fois… avant d’être lassant et gâchant complètement l’harmonie scénaristique. Pire : l’on pouvait croire y déceler des explications sur le fameux double du Joker à plusieurs reprises (multivers ? clone ? sosie ?) mais il n’en est rien.

Un conseil donc : pourquoi pas lire tous ces back-ups avant ou après l’histoire principale ? Notons que le dernier est directement incrusté dans un chapitre, faisant office d’une bande dessinée lue par un enfant puis par le Joker (mais, encore une fois, ça n’a aucun impact sur l’œuvre globale). En lisant « à la suite » les simples douze épisodes de L’homme qui cessa de rire, on devrait les apprécier davantage. Mais est-ce que cela vaut 40 € ? Honnêtement non… Débat toujours délicat (et subjectif) que celui du rapport à l’argent par rapport à la qualité d’un livre (et son nombre de pages parfois).

Heureusement, les dessins de Carmine Di Giandomenico (vu et apprécié dans Batman – The Knight), mis en couleur par Arif Prianto, offrent une solide proposition graphique (et complètement homogène tout au long de la fiction – un sacré point fort !) qui épouse plutôt bien le récit quand celui-ci est dans ses meilleurs segments. Il y a de l’action, du mystère, de l’humour (noir), des choses relativement singulières (le Joker à Los Angeles !), des personnages secondaires plutôt inhabituels (Kate Spencer/Manhunter…) – cf. dernière image de cette critique, qui en dévoile un petit peu, attention donc si vous descendez pour les voir, un texte averti avant – et quelques autres bons éléments.

Malheureusement ils sont mal dosés, mal équilibrés et racontent, in fine, quelque chose de bordélique (à l’image du Joker), partiellement pertinent. Les back-ups sont majoritairement de Francesco Francavilla (Sombre Reflet, Joker Infinite…) aux dessins et à la colorisation (remplacé deux fois par Will Robson / Hi-Fi avec Ryan Cady à la co-écriture toujours avec Rosenberg) et offrent aussi de jolies séquences visuelles très psychédéliques mais, comme dit juste avant, sans grand intérêt en marge de l’arc principal.

En somme, si on avait juste eu les épisodes principaux sans rien d’autres pour 25 € environ (peut-être un peu plus ou un peu moins), on aurait conseillé Joker – L’homme qui cessa de rire. Pour 40 €, on a plutôt tendance à conseiller un emprunt en médiathèque, d’autant que si le titre « révolutionne » (toutes proportions gardées) le Joker, dans l’immédiat cela semble moins marquant (et prenant) que d’autres avant lui (incluant les plus clivants comme Trois Jokers – qui explorait aussi cette idée de plusieurs Jokers mais d’une façon totalement différente et pas forcément « bonne » pour autant). Ajoutons la très chouette galerie habituelle des couvertures alternatives en clôture du volume qui vaut aussi le coup.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 30 août 2024.
Contient : Joker The Man Who Stopped Laughing #1-12 + Knight Terrors : Joker #1-2
Nombre de pages : 488

Scénario : Matthew Rosenberg, Ryan Cady
Dessin & encrage : Carmine Di Giandomenico, Francesco Francavilla, Will Robson, Stefano Raffaele (Knight Terrors)
Couleur : Arif Prianto, Romulo Fajardo Jr., Nick Filardi, Hi-Fi

Traduction : Xavier Hanard
Lettrage : MAKMA (Gaël Legeard, Sarah Grassart, Tess Brunet et Roy Lorine)

Acheter sur amazon.fr : Joker – L’homme qui cessa de rire (40 €)





Attention, l’image ci-dessous révèle certaines choses de la fin de l’histoire.

Vie du site (fin 2023 et 2024)

Bonjour à tous,

C’est déjà l’heure du traditionnel bilan semi-estival à l’approche de la rentrée septembre 2024 (illustrations pour compléter l’article à venir courant de la semaine).

Comme toujours, l’occasion de dresser un constat sur les mois écoulés depuis le précédent billet de ce genre, une certaine subjectivité et transparence, un point sur les critiques, ce qui est à venir et vos éventuelles interrogations.

Cela n’aura échappé à personne, il n’y a pas eu beaucoup de mises à jour depuis le dernier bilan (donc principalement entre octobre 2023 et août 2024), néanmoins il y a eu du travail et de nouvelles critiques. Faisons le point. Quelques mois après les mises en ligne des critiques de l’entièreté de la saga Injustice, c’est l’immense run (très inégal) de Grant Morrison qui a enfin été publié sur le site via les rééditions des quatre intégrales – un manque enfin comblé ! Un peu plus tôt, il y a eu les deux opus de Batman/Spawn (1994 et 2022), les trois volets sympathiques de Paul Dini présente Batman (là aussi une cruelle absence sur ce site enfin corrigée), différents récits complets gravitant justement autour de Dini ou de Morrison (Les derniers jours du Chevalier Noir, Harley Quinn et les Sirènes de Gotham ainsi que divers titres pas réédités chez Urban, comme La lutte pour la cape, Face à Face, etc.) ou quelques curiosités comme Deadly Duo, Cher détective, The Riddler – Année Un, Joker – The Winning Card… sans oublier les poursuites des séries habituelles (et assez médiocres) Dark City et Nocturne.

Total : 35 critiques d’histoires différentes (40 si on comptabilise les Morrison à leur ancien format), sans compter quelques indexations (mangas, noir et blanc…) et sans oublier les critiques d’autres médiums sur Batman (Suicide Squad : Kill the Justice League, Batman, le justicier masqué / Caped Crusader). Soit environ (seulement ?) trois critiques et demi voire quatre par mois sur les dix mois et demi écoulée depuis le dernier bilan. Pas si mal mais moitié moins que la saison passée. Ces chiffres s’expliquent aussi par une vie personnelle bien chargée, notamment par la finalisation d’un projet d’une décennie qui me tenait à cœur (et n’a rien à voir avec Batman) : la publication d’un livre consacré à la série LOST (que je présente sur cet article).

Aussi, force est de constater qu’Urban Comics a publié moins de titres sur Batman (hors jeunesse ou rééditions en format Nomad, Limited ou Intégrale) après le dernier bilan : 13 centrés sur Batman (dont 3 Chronicles), 3 sur la Justice League ou l’univers DC et 8 sur les alliés ou ennemis de Batman, soit un peu plus de deux par mois seulement… C’est à la fois plaisant mais un peu déstabilisant tant la majorité des publications n’est pas très intéressante. Fin août, quelques titres semblent prometteurs dont Batman – First Knight et Joker – L’homme cessa de rire (qui seront sans doute les nouvelles critiques priorisées), curieusement aucune sortie Batman (incluant allié, ennemi ou autre…) n’est prévue en septembre (alors qu’il s’agit de son mois anniversaire !) et pour octobre, ce sera l’occasion de surfer sur la sortie du film Joker – Folie à Deux pour proposer quelques titres sur Harley Quinn et le Joker. Fin 2024 est très pauvre également : il y a uniquement le second tome du Pingouin en novembre (rien d’autre autour de Batman !) et rien non plus en décembre (mis à part les rééditions de Silence et Mad Love en format Limited).

Sans faire la fine bouche, cette faible mise en avant de comics Batman (de patrimoine, modernes ou inédits) laisse songeur… Mais (à titre personnel) je ne vais pas m’en plaindre, cela fait un peu moins de travail et davantage de temps libre ! Pour une fois que les internautes ne râlent pas parce qu’il y a trop de titres sur Batman, ce n’est pas plus mal non plus. Par ailleurs, Urban Comics a préféré espacer les sorties des Chronicles tant ils sont massifs et que les acheteurs n’ont pas le temps de les lire.

Côté coups de cœur, il n’y a rien eu qui sorte réellement du lot à mon sens (malgré quelques chouettes propositions comme The Riddler – Année Un ou Joker – The Winning Card – mais insuffisantes pour s’élever davantage). La lecture quasiment « obligatoire » (pour ce site et la culture personnelle) des Dark City et des Nocturne est sincèrement pénible, ce qui restreint un peu la motivation mais ça a toujours été comme ça. On l’a vu, la fin d’année 2024 n’est pas très chargée et l’horizon 2025 encore flou si ce n’est la nouvelle ère Absolute récemment teasée aux États-Unis et qui devrait relancer pas mal de titres en plus d’en créer de nouveaux. À voir si la qualité sera au rendez-vous…

Pour ma part, je vais être assez pris en septembre et octobre (promotion de mon livre sur Lost, travail et… voyage de noces au Japon !). Je reprendrai un rythme de croisière des critiques probablement fin 2024 (ça tombe donc bien qu’il y ait peu de nouveautés Batman), l’occasion de, peut-être, lire et chroniquer quelques comics assez connus et toujours pas sur ce site (Meurtrier et Fugitif, la suite du run de Metal, Batman Vampire, les Chronicles et Batman Mythology…).